Friday, May 13, 2011

BARAK OBAMA, L'AUDACIEUX


Barak Obama, l’audacieux

Le 12 mai 2011

Dans un article publié dans « National Journal » sous le titre révélateur : « Le cout de Ben Laden : 3 trillions de dollars... », deux analystes ont présenté un papier très informatif dans lequel est exposé la fortune dépensée pendant 15 ans de chasse contre l’homme qui a fait trembler l’Amérique le 11 septembre 2011.
Barak Obama, le président qui aurait du mettre fin aux deux grandes guerres que mènent le pays depuis 2001, se singularisent comme un autre faucon de plus du militarisme. A l’instar de Richard Nixon, qui promit lors de sa campagne électorale de 1968 de mettre fin a la guerre du Vietnam, qui avait paradoxalement fait le contraire, en additionnant exponentiellement l’effectif et dépenses militaires au Vietnam. Barak Obama a reproduit ce même schéma ! Les guerres se poursuivent en Irak et Afghanistan, les conflits a basse intensité ne se ralentissent pas en Afrique, Asie et Amérique Latine sous le label des États-unis d’Amérique, dont le président fut récompensé par le prix Nobel de la paix de 2009. L’ère d’incroyables paradoxes ! Si l’ancien président George Bush s’était fièrement et honnêtement qualifié de « président de la guerre », Barak Obama, tristement est celui de la « paix du cimetière ». Et pourtant, toute sa campagne électorale de 2008 était axée sur une série de concepts liés a la paix internationale, la fin de l’unilateralisme...
Dans un article publié en 2008, quelques mois après la prise de pouvoir par Barak Obama, sous le titre « Barak Obama, ni Jésus-christ ni Fidel Castro », j’avais mis l’accent sur le fait que le président est a la tête d’un empire intelligent et féroce de plus d’un siècle. Un système qui a sa raison d’être, ses principes fondamentaux, et surtout ses bénéficiaires et défenseurs. Donc, il ne va rien changer, parce que tout simplement il n’a pas le pouvoir. C’est ce qui est toujours arrivé aux leaders peu courageux ou faux, ils se gargarisent autour des thèmes alléchants mais n’ont pas la forte volonté, l’organisation et l’équipe indispensables pour la matérialisation de ces idées. En observant Barak Obama dans les réunions politiques et a la télévision, j’ai toujours eu cet esprit crustateur a son endroit, comme s’il était entouré d’une spirale mystique infranchissable. Est il un démagogue, populiste, farceur, calculateur ou tout simplement chanceux ?
A mon avis, il réunit en soi toutes les qualités qui conduisent au succès personnel. Il a le look, le charme, le discours et surtout le brain-power. Il vient de le démontrer dans sa décision d’ordonner l’assaut contre le bâtiment qui abritait Usama Ben Laden, dont personne n’était sur de sa présence a l’intérieur. L’assaut est venu a un moment ou l’administration, aux abois avec un taux de chômage trop élevé et une campagne électorale débutée trop tôt, en avait le grand besoin. Il a pris audacieusement sa chance en dépit de forts risques de compromettre les chances d’un second mandat. Car, en cas d’échec il aurait pu être tenu responsable de la mort ou kidnapping des militaires des « forces spéciales » dans un pays fortement islamique, ou ben Laden jouit apparemment des complicités de certains haut lieux du pouvoir pakistanais. D’autre en plus, l’opération est une incursion illégale déclenchée dans un état ami mais souverain et incontournable dans la lutte anty-terroriste en Afghanistan et dans toute l’Asie de l’est. L’homme a risqué gros pour gagner l’essentiel.
Au fort Campbell, a Kentucky, le président a qualifié sa décision audacieuse d’autoriser l’attaque contre la forteresse de ben Laden comme « la plus difficile de sa présidence ». C’est a dire la capture ou l’élimination physique du chef d’Al Qaida était sa plus grande priorité. Qu’en est il des grands défis locaux ? Quand il n’y a pas de solutions aux problèmes socio-économiques des États, les élites recourent toujours aux moyens détournés mais légaux afin de les transférer dans des dimensions psychologiques nébuleuses en agitant le spectre émotionnel du nationalisme, du colorisme, de la religion, de la xénophobie...Ils sont les disciples fidèles de l’auteur du « Prince » Nicholo Machiaveli.
Le gouvernement et la presse internationale présentent l’exécution du terroriste comme l’événement du nouveau siècle. Les peuples boivent la coupe de mensonges comme le café aromatique d’Haïti. Après avoir dépensé plus de 3 billions de dollars pendant 15 ans pour l’élimination physique de Ben Laden, ils lui offrent la couverture médiatique la plus complète et la plus totale qu’on pourrait imaginer. Les analystes politiques admettent unanimement que le symbole entourant le chef d’Al Qaida est plus important que l’homme lui-même. En un temps record, celui-ci a pu élaborer un network mondial d’activités extrémistes pour lequel il n’a rien dépensé.
Par contre, le terrorisme islamique, quoique effrayant, n’est pas la principale source de menaces terroristes aux États-unis. D’après un rapport du FBI, 42% des actes terroristes sont latinos, 24% sont extrême-gauche, 7% d’extrémistes juifs, 5% communistes et 16% d’autres groupes. Le rapport est basé sur une période de 25 ans, soit de 1980 a 2005.
La religion islamique a le vent en poupe dans le monde particulièrement en Europe, spécialement en France, en Asie qui abrite déjà plus de 930 millions de fidèles sur un ensemble de 1,3 milliard, l’Afrique etc. Les occidentaux ont raison d’avoir peur, mais cette montée islamiste n’a rien a voir avec ben Laden. C’est plutôt d’autres causes inhérentes au capitalisme qui détournent les citoyens de l’ouest du christianisme, comme le manque d’intérêt, la culture libertaire, l’hypocrisie...Certaines fois, cette peur a pris l’allure de panique. l’Ossrvatore Romano, journal officiel du Vatican, a admis dans ses colonnes, et je cite : « Pour la première fois dans l’histoire nous ne sommes plus en tête, les musulmans nous ont dépassé »( les catholiques).
Ben Laden est un criminel notoire qui n’hésite pas a tuer massivement, comme ce fut le cas du 11 septembre 2001, pour obtenir des gains religieux. Il avait fait un choix qui le plaçait au devant la lutte radicale des islamistes pour la protection de leurs religions. S’autoproclamer scheik, il croyait être le choix d’Allah pour stopper la croisade des infidèles en marche au berceau même de l’Islam, l’Arabie Saoudite. Toutefois, il ne fut pas le pire des criminels de l’histoire. D’ailleurs, Stephen Brock Blomberg l’a reconnu lui-même lorsqu’il a déclaré « mauvais que soit Ben Laden, il n’est pas de près plus criminel qu’Hitler, Mussolini...et de tout le reste ». Comment comprend on cet acharnement a déclarer une guerre contre sa personne qui coute plus de 15 billions de dollars aux contribuables américains. D’après l’amiral Mike Mullen de l’état major des armées américaines « Notre dette nationale est la plus grande menace a la sécurité nationale des États-unis d’Amérique ». National journal a révélé que la prochaine décennie entrainera avec elle un déficit budgétaire de l’ordre de 9 trillions de dollars, dans la mesure ou que les dépenses continuent d’être folles comme c’est le cas aujourd’hui.
Placer le cas de Ben Laden au devant de la situation socio-économique c’est de la politique a l’état pur, Obama utilise la propagande de terreur comme son prédécesseur George Bush pour s’agripper au pouvoir une deuxième fois. Un pays ayant une population de 311 millions d’habitants, dont 24 millions sont au chômage, 44 millions vivent a partir du food stamps fourni par le gouvernement pour nourrir leurs familles, près d’un million de maisons sont déjà saisies ou en état de l’être par les banques pour l’année 2011, une balance commerciale déficitaire de 670 billions de dollars et une dette aux pays étrangers dépassant les 14 trillions de dollars. Quelque chose va mal dans cette société, définitivement !
« Seul les morts contemplent la fin de toutes guerres », les politiciens ou « warmongers » manipulent les peuples au profit du pouvoir. Ces pratiques sont courantes depuis l’empire Romain en passant par les Britanniques pour arriver aujourd’hui, le « nouveau siècle américain ». Tout de suite après l’exécution de Ben Laden, le président américain a fait une remontée spectaculaire de 9 points dans un sondage conduit par Washington post, soit 56%. Le terroriste n’est plus, qu’est ce que cela va changer dans la vie courante de ceux qui vivent aux États-unis,est ce que le gallon de gazoline va passer de 4 a 2 dollars dans les pompes a Philadelphie. Toutefois, il faut admettre qu’un monde sans un criminel notoire comme ben Laden inspire beaucoup plus de confiance. D’autre en plus, les familles des victimes des attentats du 11 septembre peuvent vivre un sentiment de justice qui apaisera leurs peines tout en travaillant pour un meilleur futur quand l’homme cessera d’être la proie des criminels.
La sensation qui accapare le paysage social et politique sera de courte durée. La réalité économique est trop grimaçante pour qu’on l’ignore pendant longtemps. Et, traditionnellement, les campagnes électorales aux États-unis se jouent a partir des problèmes locaux comme le chômage, l’assurance santé, sécurité sociale...La politique internationale, a l’exception du temps de guerre, n’influence pas beaucoup les opinions en Amérique. Donc, Ce fait d’arme réussi du 2 mai ne suffira pas pour hisser Obama au pouvoir pour un second mandat. Toutefois, avec la mort de ben Laden, il s’est fait une autre opinion de lui en termes de courage et de discernement en situation difficile, une bonne qualité pour un grand leaders. En considérant le fait qu’il n’a pas de background militaires et décida de mener l’attaque dans des conditions peu claires va jouer en sa faveur.
Et si le gouvernement américain savait ou se cachait le chef terroriste depuis des années ou mois, mais attendait le meilleur moment pour passer a l’attaque qui coïnciderait avec des gains politiques. Parce que cette affaire rappelle étrangement celle des otages américains tenus captifs en Iran en 1979. Le 24 avril 1980, Jimmy Carter, le président d’alors, avait donne l’ordre d’entreprendre une opération militaire pour tenter de libérer les otages, sous le nom de « Operation Eagle Claw », juste quelques mois avant les présidentielles américaines. Malheureusement, pour le démocrate, l’opération échoua lamentablement. D’aucuns pensent que si Carter avait réussi a libérer les otages, cela lui paverait la route pour un second mandat a la maison blanche. Plus tard, d’après des sources crédibles, le président élu, Ronald Reagan, aurait intervenir pour retarder la libération des otages sous l’administration démocrate. Le paradoxe de cette affaire, c’est que les 52 otages restant furent libérés le jour même où Reagan prêta serment, le 20 novembre 1981.
Pour lancer une opération pareille, il faut être résolu, courageux, et chanceux aussi. L’élimination physique de ben Laden assurera-t-il un second mandat a Barak Obama ? Qui vivra, verra !
Joël Léon

Saturday, January 29, 2011

QUI EST VERONIQUE ROY DUVALIER

La mystérieuse Véronique Roy est le cerveau du retour inopiné et controversé de Jean-Claude Duvalier à Port-au-Prince. A quoi joue cette compagne très affairée ?

Silhouette fluette et lunettes fumées, elle a surgi sur l'avant-scène le 16 janvier, dans le sillage de l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, 59 ans, de retour au pays après un quart de siècle d'exil en France. L'énigmatique Véronique Roy est bien plus que la conjointe et porte-parole de "Baby Doc". "Sans elle, jamais celui-ci ne serait rentré", tranche l'écrivain américain Bernard Diederich, implacable chroniqueur de la tyrannie duvaliériste. Les proches du revenant reconnaissent l'ascendant qu'exerce sur lui l'ambitieuse Véronique. "Elle a toujours eu envie de jouer un rôle politique", admet Me Sauveur Vaïsse, qui fut l'avocat de François Duvalier, l'ubuesque satrape au pouvoir de 1957 à 1971, puis de son fils Jean-Claude, intronisé à l'âge de 19 ans.

La rencontre date du début de la décennie 1990. Anéanti par un divorce ruineux, l'héritier destitué, établi sur la Côte d'Azur, flirte alors avec l'indigence. Alcool, dépression: Baby Doc n'est plus que l'ombre pathétique du flambeur épris de bolides de luxe et logé dans des villas de rêve. Un épais mystère flotte sur le parcours de sa nouvelle compagne, connue à l'époque sous le nom d'Hermance. Les uns évoquent un passé de styliste familière des monarchies du Golfe; d'autres une carrière de conseillère en relations publiques. Parce qu'elle parle le créole et porte un patronyme fameux à Port-au-Prince, on lui prêtera même des origines haïtiennes, quitte à lui conférer le statut de petite-fille de Paul Eugène Magloire, chef de l'Etat de 1950 à 1956. "Légende, objecte Bernard Diederich. Elle n'a pas une goutte de sang haïtien dans les veines." De l'aveu d'un avocat fidèle à Jean-Claude, Véronique détient un passeport français.

Une certitude: cette brune avenante et manoeuvrière sait faire preuve de constance. En 1995, lorsque Patrick Budail, gérant de L'Eden bleu, à Mougins (Alpes-Maritimes), porte plainte pour grivèlerie et escroquerie contre Duvalier fils et sa mère, Simone, descendus dans son hôtel sous les noms de M. et Mme Valère, elle apure en deux chèques une partie de l'ardoise. De même, raconte Budail, c'est bien elle qui orchestre ensuite la fuite à la cloche de bois du "couple" impécunieux, bientôt hébergé dans sa famille. Pour l'anecdote, l'hôtelier renonça aux poursuites sur l'injonction de deux agents des Renseignements généraux tricolores. Cinq ans plus tard, après une errance qui le conduit de Puteaux (Hauts-de-Seine), au Claridge, palace parisien des Champs-Elysées, Jean-Claude s'installe place du Costa-Rica (XVIe), dans un deux-pièces acquis, ou loué, par sa partenaire.

Elle plaide la cause de l'ancien "président à vie"

D'emblée, celle-ci chaperonne son compagnon. Elle verrouille l'accès au despote déchu, filtre les demandes d'interviews, voire souffle les réponses. Il lui arriva même de prier en vain un journaliste français de tenir la plume de Jean-Claude, censé rédiger ses Mémoires. "Jamais Mme Roy ne me laissait seul avec lui, raconte Diederich. Après qu'elle eut rompu tout contact, ce pauvre diable téléguidé m'a appelé, embarrassé: ''Pardonne-lui, Bernard, elle aime tant Haïti...'"

Amour impérieux et méthodique: voilà des lustres qu'à la faveur de maintes tournées Véronique plaide la cause de l'ancien "président à vie" et collecte des fonds, tant au pays qu'au sein de la diaspora haïtienne de Miami, de New York ou du Canada. En octobre 2006, elle oeuvre au lancement d'une Fondation François-Duvalier, vouée à "honorer la mémoire" du défunt Papa Doc. Preuve que Véronique Roy-Duvalier ne doute de rien.

Wednesday, January 19, 2011

Radiographie d’une presse réactionnaire, jadis progressiste

Radiographie d’une presse réactionnaire, jadis progressiste «Le simplisme, un mal sociologique à éradiquer» Pierre Bourdieu Par Joël Léon Les émeutes de trois jours qui avaient saccagé le pays après la proclamation des résultats du premier tour des élections du 28 novembre tiennent encore le pays entier en alerte. Ajouter à cela, le choléra et le quotidien morose des citoyens appauvris tous pris en otages. Tout effort de sortir de ce train-train journalier exige un surplus d’effort humain qui, très souvent manque au commun des mortels. En ce sens, je vais aborder un sujet essentiel qui m’a toujours tenu à cœur à propos d’Haïti : la presse haïtienne et son comportement à travers les événements de 2004 qui ont conduit au coup d’état contre Aristide, suivi de l’occupation du pays et, celui de l’après 5 Décembre 2010. Nous rêvons encore de la presse militante proche du peuple qui fleurissait après la fin de la dynastie duvaliérienne. Longtemps avant de sombrer dans la vacuité morbide de la dominance, sous le charme des sirènes de la presse globale, dite de référence. En peu de temps, le champ médiatique a subi deux transformations fondamentales, la première était due au fait des tentatives dictatoriales de l’armée d’Haïti défunte qui, a chaque coup d’état expulsait volontairement ou non des journalistes engagés en exil. Ces travailleurs de presse subissaient les retombées d’une politique globale antipopulaire mise en œuvre dans les états en transition démocratique. Dont l’essence était de vider le pays du mouvement populaire. L’USIS fut le pilier de cette politique qui consistait à grossir hors du pays un nombre imposant de journalistes vedettes qui peuplaient les media du pays. Ernst Laventure Edouard, allias « Moloskot », fut parmi les premières victimes d’une longue série. Apres quoi, on rejoint Marcus Darbouze et Plaisimond… La deuxième transformation est le fait que bon nombre de journalistes engagés ont réussi leurs « transfert de classe ». Marvel Dandin et Liliane Pierre-Paul sont deux exemples typiques de journalistes transformés en patrons de presse, à partir de ce moment ils partagent les mêmes intérêts socio-économiques que les nantis traditionnels, exploitant leurs salariés en vue de maximiser leurs profits, même s’il faut admettre la particularité de l’industrie médiatique dans le tiers-monde qui n’est pas aussi riche comme ailleurs. D’autres, comme Daly Valet, Valery Numa, Marie Lucie Bonhomme…ont pénétré le cercle classique de la classe moyenne communément appelée aux Etats-Unis « American dream ». A la manière des grandes capitales occidentales, la presse haïtienne est capitalisée. Les riches s’approprient la totalité écrite, à l’exception des hebdomadaires haïtiens édités aux Etats-Unis : Haïti Liberté, Haïti en Marche, Haïti Progrès et Haïti Observateur. Les stations de radio ont connu une vague de mainmise aussi, pour la plupart, sous la présidence même de Jean B. Aristide. Les plus puissantes, telles que : Vision 2000, radio Métropole, Signal FM… ayant une couverture nationale, sont les produits de grands investissements venus du secteur le plus réactionnaire de la classe dominante, notamment les Boulos et compagnie. Ces medias, pendant tout le mouvement GNB, avaient démontré leurs capacités à faire et défaire les gouvernements en Haïti, prérogative constitutionnelle jusque-là confiée aux citoyens haïtiens. Les medias sont carrément passés à une vitesse supérieure en passant du stade de 4eme pouvoir à celui de 1er pouvoir. Dans ce même groupe de transfuges, il y a ceux-là qui ont abandonné le métier pour rejoindre le train de la richesse facile qu’est le pouvoir politique. Ils sont devenus ministres, conseillers à la présidence, secrétaires d’Etat, députés, maires… Toutefois, il faut reconnaître le rôle joué par Radio signal FM depuis la période post-sismique du 12 Janvier 2010 jusqu'à maintenant. Ces confrères de la presse ont été magnanimes en cette occasion, particulièrement pour ceux vivant à l’étranger. Signal FM constituait un fil de vie qui symbolisait encore l’existence d’Haïti comme nation. Le paysage politique haïtien s’est recyclé à droite a partir de l’année 2000. C’était le commencement d’une nouvelle ère, des leaders politiques haïtiens de « gauche », tels que : Gérard Pierre-Charles, Paul Denis, Sauveur Pierre Etienne, Turneb Delpé et des organisations de la société civile paradaient à Washington main dans la main avec le sénateur Jess Helms et autres ultraconservateurs de la politique américaine. Max Bourjoly, ancien numéro deux du PUCH, a souhaité la présence des troupes d’occupation dans le pays pour au moins vingt cinq ans. Les medias, eux aussi, ont subi cette même influence. Les journalistes haïtiens avaient aussi défilé dans la capitale fédérale dans des séminaires bidon, des séances de formation au rabais et des tours inutiles. Sous la baguette droitière de Stanley Lucas, ancien représentant de l’IRI en Haïti. Des dizaines d’étudiants ont parcouru Washington avec leurs hamburgers en mains scandant que « je suis heureux ». La droitisation à outrance de la classe moyenne a permis de récupérer un espace sociologique jusque-là jalousement tenu entre les mains des animateurs du mouvement populaire. Les journalistes d’aujourd’hui n’ont plus Gasner Raymond, Pierre Petit et Richard Brisson comme leurs modèles. Ils veulent devenir Peter Jennings, Tom Brokow et autres présentateurs américains. Ils s’identifient à M. Ménard de Reporters Sans Frontière, une organisation financée par le parti républicain américain, en guise de renforcer institutionnellement les organisations médiatiques locales. D’où le début du culte réactionnaire dans les media locaux. Le journaliste haïtien a toujours été vénéré, mais dans des conditions modestes et solidaire de sa classe. Je me souviens encore, après le massacre de saint Jean Bosco de 1989, de Liliane Pierre-Paul pleurant sur les ondes en diffusant les nouvelles sur l’état de santé de la mère de la petite fille, baptisée Esperanta pour sa protection, elle qui fut perforée dans le sein de sa mère par les bourreaux de Franck Romain à l’intérieur même de l’église martyre. En écoutant les nouvelles on pouvait sentir la douleur des journalistes face aux répressions systématiques dont était victime le peuple des bidonvilles et de la paysannerie. Les medias étaient en phase avec le quotidien des masses haïtiennes. Les braves des organisations populaires furent reçus en héros dans les salles de nouvelles. Les dirigeants de la plate-forme des organisations populaires de Carrefour-Feuilles : Wilfrid Destin, Jean-Claude Lubin, Tissaint Eralien, Patrice Laporte… étaient appréciés partout par les journalistes qui voyaient en eux des combattants de la liberté. Il fut un temps, la presse était digne, les journalistes étaient encore haïtiens. La capitalisation, tellement féroce, prend la forme scélérate de la corruption. Les missions diplomatiques utilisent la distribution de visas pour tenir journalistes et officiels sous leurs coupes. A des moments donnés, ils frisaient l’exagération en inventant des histoires de kidnapping ou de persécutions politiques pour l’obtention du droit d’asile. On les rencontre trop nombreux dans les ministères, pas pour interviewer des responsables mais à la recherche de moyens financiers personnels ou faveurs pour leurs proches. La noblesse du métier est en chute libre. Toutefois, il faut admettre que la presse haïtienne est académiquement mieux représentée aujourd’hui qu’avant. Les journalistes haïtiens sont mieux éduqués que leurs prédécesseurs, mieux préparés techniquement, encadrés d’équipement moderne et jouissant des dernières technologies. Paradoxalement, cette nouvelle réalité coïncide avec une dérive patriotique et nationale, au fur et à mesure que le métier est plus savant la réaction s’impose d’avantage. Le reporter a seulement un job qu’il exécute dans la plus grande froideur, il y a un excès professionnaliste qui le vide de sa responsabilité citoyenne, ce qui favorise le statu quo et l’étranger. Par exemple, l’occupation du territoire national est acceptée, l’immixtion journalière des missions diplomatiques dans les affaires haïtiennes n’est plus mentionnée. Quand l’ambassade américaine envoie une note à la presse, elle est diffusée incessamment et commentée en même temps partout comme s’il s’agit d’un ordre venu du maître des lieux. Les termes empruntés à la grande presse raciste internationale tels que : Haïti, entité chaotique ingouvernable, Haïti espace de non-droit etc. sont convertis en les leurs, ils les répètent comme des perroquets alors qu’ils sont pourtant très dégradants à l’endroit de leurs propres peuples. Ils n’ont plus ce sentiment d’appartenance qui portait les journalistes d’hier à prendre toutes sortes de risques. Je vis aux Etats-Unis depuis 17 ans, aucune presse n’est plus patriotique que celle de ce pays. L’attentat meurtrier du 11 septembre avait clairement démontré les limites de l’indépendance de la presse. Les medias étaient militarisés et s’autocensuraient. Tout journaliste non-conformiste était réduit au silence ou viré ipso facto, Dan Rather et Bill Maher peuvent en témoigner. C’était la raison d’Etat, fille de la sécurité nationale qui s’imposait à tous, en premier lieu aux medias. Les émeutes éclatées après la publication des résultats préliminaires du 28 novembre dernier par le CEP ont été rapportées marqués au coin du superficiel et du sensationnel. Les salles de nouvelles, apparemment, n’analysent plus les événements politiques. Martelly, chanteur de compas direct, a été mis devant la scène comme si tous les protestataires étaient membres du parti bidon « Repons peyizan ». Et pourtant, il était clair dans les esprits que le peuple en a marre de l’équipe gouvernementale, et que « Ti Simone » n’était rien d’autre qu’un alibi ou une raison opportuniste pour faire éclater leur colère face a un pouvoir vassalisé. Sur les 4.712.693 inscrits, seulement 1.074056 avaient voté le 28 novembre dernier, c'est-à-dire moins d’un tiers, soit environ 25% de l’électorat a pris part au scrutin. Considérant la grande foule qui envahissait les rues pour exprimer leur ras-le-bol, la différence était patente. Elle était quatre fois supérieure au nombre des votants, et pendant trois jours et trois nuits, les rues des dix départements géographiques du pays étaient occupées en permanence. Michel Martelly à qui on veut accorder la paternité des protestations n’a pas pu dépasser le seuil des 234617 votes au cours de la journée électorale émaillée d’incidents malheureux. Si pendant la campagne électorale aucun parti ou candidat n’avait pu réunir la grande foule, il serait insensé d’assigner les protestations postélectorales à un quelconque candidat. D’ailleurs, tous les observateurs étaient unanimement d’accord pour dire qu’il n’y avait eu aucun engouement électoral proche de celui du 16 décembre 1990. Et pourtant, les protestataires étaient si nombreux dans les rues qu’ils rappelaient la manifestation de joie du 17 décembre 1991. Le travail de la presse devrait d’analyser cette situation afin de permettre une meilleure compréhension de la mascarade du 28 novembre. Preval a tout fait pour qu’il soit perçu par le peuple comme un emmerdeur. Cependant, il faut comprendre l’acharnement de la droite contre son pouvoir. Paradoxalement, René Preval a débordé la droite classique haïtienne vers la droite, à la manière de l’ancien ailier droit de l’équipe de football Victory, Jean Michel Malenkov. En d’autres termes, le président a récupéré l’audience politique des partis traditionnels, il est devenu le chouchou légitime de l’ « american establishment ». Tout ceci, pendant une courte période, il a acculé les traditionnels alliés de Washington à l’orphelin, ce que les perpétuels chefs de partis ne lui pardonneront jamais. Voila ce que les journalistes haïtiens, pour la plupart, n’arrivent pas à communiquer à leurs lecteurs ou auditeurs. En une approche simple et intelligible, les problèmes de fond sont sacrifiés au profit de haine anti-lavalas et des valses électorales. Il y a une carence de journalistes d’opinions capables d’aider à déceler ce que l’américain appelle « inférence », c'est-à-dire les non-dits. Tout est conjoncturel dans les analyses, ce qui conduit à une sorte de climat disparate au niveau de l’opinion publique haïtienne. C’est le culte de l’information au détriment de la formation, c’est la fin du relatif et la dictature du manichéisme ou le « noir et blanc ». La perspicacité qui portait Gasner Raymond à enquêter l’exploitation des ouvriers du ciment d’Haïti n’existe plus chez les confrères. Dans les salles de nouvelles c’est l’autocensure totale. Chaque responsable politique a sa clientèle au sein des organes de presse, on a vu avec tristesse des commentateurs politiques faire l’apologie des dealers de drogue connus. Ils vont jusqu'à utiliser leurs micros pour pressurer des juges à prendre des décisions juridiques favorables à des corrompus de l’administration publique ou des trafiquants de drogue, pourvus qu’ils soient payés. Entretemps, on interdit le micro aux dirigeants d’organisations de base non-attachés à une organisation gouvernementale. Sous des formules fallacieuses de « chimères », on les définit comme des violents, ainsi on a expulsé du débat national la majorité du peuple haïtien. Il fut un temps où les journalistes marchaient droits et fiers (walking tall ) dans leurs quartiers, ce temps est révolu. A coté de ceux qui utilisent leurs positions de directeurs d’opinions pour promouvoir leurs agendas personnels, il y a ceux-là qui conservent encore dignement leurs positions de proximité au peuple haïtien. Ils travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, avec peu de moyens ils réalisent des reportages extraordinaires, ils ne sont fils de personnes, sinon que de leurs consciences. Les correspondants des medias des villes de province restent fidèles à cette grande tradition de journalistes engagés dans la défense des paysans pauvres. Et, ils sont solidaires de leurs origines sociologiques, malgré vents et marées ils continuent d’être les proches des plus vulnérables de la société haïtienne en face des riches latifundistes et autorités cupides qui font la loi dans les zones inaccessibles. Ils sont les véritables héros et héritiers des grands travailleurs de presse qui ont toujours marqué l’histoire de cette noble profession. Joël Léon

Saturday, January 8, 2011

L'EXTERMINATION PROGRAMMEE DU PEUPLE HAITIEN

L’extermination programmée du peuple haïtien
Joel LEON

La journée du 28 novembre dernier vient d’illustrer en lettres majuscules le degré de putréfaction du mal dont souffre le pays. Définitivement, rien ne marche pour le système en place, en décomposition. Dans les annales historiques des élections en Haïti, aucun processus n’a été plus scandaleux que celui du 28 novembre, jamais. Et pourtant, 29 millions de dollars américains avaient été mobilisés pour réaliser cette mascarade. S’agit-il du « mal de René » qui frappe les élites haïtiennes ou de l’extermination programmée de tout un peuple ?

En observant l’acharnement avec lequel l’Internationale s’était lancée dans l’organisation des dernières élections haïtiennes laisse la porte ouverte à toutes sortes d’interprétations. Tout observateur lucide avait mis l’Internationale en garde contre l’organisation prématurée de ces joutes, parce qu’elles allaient conduire le pays vers une crise politique sans pareille. De façon obstinée, sourde elle a lancé le pays dans cette aventure sans issue, et voilà maintenant qu’on a eu des émeutes occasionnant plusieurs morts et transformant le pays en un baril de poudre prêt à sauter à n’importe quel moment. L’Haïtien est très pessimiste par rapport à l’avenir de son pays. Les promesses non tenues, les rendez-vous manqués et la mauvaise presse accablent les esprits les plus positifs. Nous sommes à moins d’un mois du 12 Janvier 2011, soit un an après le séisme, la situation générale n’a pas changé d’un iota. Les réunions internationales se succèdent dans toutes les capitales du monde, les appels à l’aide de l’ONU se multiplient, les manifestations de bonne volonté s’accumulent…mais où sont passées les actions concrètes promises par Barak Obama et autres maîtres du monde ? Le peuple se meurt et vit son chemin de croix quotidiennement et en silence, parce qu’il n’a plus de voix et il est trop faible pour crier secours. Voilà le décor presqu’un an après le 12 janvier 2010.

Est-ce une extermination programmée du peuple d’Haïti ?

Donc, le décor actuel tel que décrit plus haut n’est pas susceptible de s’améliorer. Toutefois, l’indécence reste toujours inacceptable dans un monde dit « civilisé ». D’abord l’obstination des dirigeants internationaux et de leurs valets locaux à organiser des élections dans un contexte pareil peut être interprétée comme un cynisme rare de la part des hommes se réclamant du Christ. Il était prévisible par tout esprit sain que ces élections allaient être un fiasco total, n’empêche que les dirigeants poursuivaient son organisation. De ce fait, il y a lieu de considérer les responsables, d’abord, les valets locaux.

Ils ont à leur tête le président René Préval, qui, d’après les documents rendus publics par « Wikileaks », visitait très souvent un bar à Petion-ville pour consommer avidement de l’alcool, à en croire les révélations de Mme Janet Sanderson, ancienne ambassadrice des Etats-Unis en Haïti. Les vieilles habitudes ont la vie dure. En d’autres termes, la capacité de Preval à prendre des décisions responsables allant dans le sens des intérêts du pays est assurément sévèrement affectée par l’usage abusif de la dive bouteille.

D’après les informations qui nous sont parvenues, sur les 29 millions de dollars alloués aux élections, la contribution du gouvernement haïtien est de 7 millions. Le 6 juin de cette année, le président Vénézuélien, Hugo Chavez, annulait la dette de 395 millions de dollars liée au fond Petrocaribe, ce pour faciliter la reconstruction d’Haïti après le séisme du 12 janvier. De cette somme, 197.5 millions ont été dépensés sans que les instances étatiques sous le gouvernement de l’ancien Premier ministre Michelle Pierre-Louis aient jamais produit les pièces justificatives exigées par la loi. D’après certains observateurs haïtiens, l’argent de Petrocaribe a été raflé dans l’objectif de pouvoir financer la candidature du poulain de René Preval aux élections présidentielles, Jude Célestin.

Par contre, nous savons que ce qui reste du fond « petrocaribe », soit 175 millions de dollars, s’est volatilisé au moment où l’on agitait des problèmes de fonds pour l’organisation de ces élections. Cela rappelle étrangement les 197.5 millions de dollars dépensés sans pièces justificatives sous l’administration de l’ancien Premier ministre Mme Michelle Pierre-Louis. Donc, si ces informations sont confirmées, le candidat du président Préval a de quoi s’acheter beaucoup de votes, si ce n’est leur totalité, ce dans la perspective d’un second tour. Les valets locaux sont plus cyniques parce qu’il y a une compétition permanente entre eux ; pour conserver une position il faut se surpasser sinon, le risque de se voir rétrograder à une place inférieure guette l’intéressé au prochain virage.

J’avais déjà écrit que René Preval « est prêt à tout ». Il est frappé par le mal endémique qui a toujours atteint tous les chefs d’État haïtien en fin de règne : s’assurer que leur successeur soit toujours dans la ligne du « vive le roi après le roi » afin de protéger leurs arrières en cas d’éventuels démêlés avec les lois du pays. René Préval a lancé dans la course, le père de son petit-fils afin de poursuivre l’œuvre obscure du prévalisme.

Cependant, la scène politique haïtienne souffre d’un trop grand équilibre des forces en présence, ce que je qualifie de « Nivellisme ». Mis à part le parti d’Aristide, « fanmi lavalas », toutes les forces politiques sur l’échiquier sont à égalité de force. Donc, l’exclusion de ce parti-là a produit un effet de boomerang, bannissement dont le pouvoir et l’opposition s’étaient réjoui. L’absence d’une force politique motrice capable de trancher lorsqu’il y a exequatur ou impasse s’est fait terriblement sentir après les élections du 28 novembre dernier.

En fait, c’est le résultat de la politique tutrice mise en place par l’Occident après le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986. Elle consistait à décourager la participation populaire dans des activités civiques et politiques afin de stopper l’influence du mouvement de gauche haïtien. Ainsi, Le Devoir, quotidien canadien, eut à déclarer à l’époque que « le marxisme est enseigné avec un art consommé en Haïti », illustrant ainsi la peur qui assaillait le Département d’État. L’église catholique, par l’intermédiaire de la conférence épiscopale et d’autres instances internationales influentes, avaient combattu l’engagement citoyen dans des organisations politiques. En lieu et place d’instruments politiques viables, on a vu de préférence l’émergence de personnalités politiques dans les médias que les ambassades s’empressèrent d’utiliser au moment où le système faisait face à de fortes résistances populaires. Donc, au cours des élections en Haïti, on ne vote pas pour des partis ou des organisations politiques mais pour des individus. Il est plus facile de trouver des accords avec un homme qu’avec un groupe d’hommes, surtout lorsqu’il s’agit de coups bas contre l’intérêt national. D’autre part, l’unité de la nation haïtienne fait peur aux « maitres d’Haïti », ils ne veulent pas être témoins de la réédition d’un 1er janvier 1804en ces temps modernes.

La crise postélectorale qui menace de plonger non seulement le pays mais toute la région dans une spirale de crise humanitaire sans précédent, retient l’attention de tous les acteurs. Ainsi, la Maison Blanche a organisé une importante réunion le weekend écoulé à laquelle prenait place le président américain lui-même, sa Secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton et l’ancien président Bill Clinton, afin de décider de la nouvelle crise née des élections du 28 novembre 2010. Ce n’était pas la première réunion, ce ne sera sans doute pas la dernière, mais les résultats resteront les mêmes parce que c’est l’implication de l’Internationale dans les affaires haïtiennes qui est le problème.

A ce propos, il faut citer le diplomate brésilien Ricardo Seintefus, l’un des rares qui a cassé la corde traditionnelle diplomatique en critiquant ouvertement l’implication de l’Internationale en Haïti. Il a déclaré, et je cite, que : « s’il existe une preuve de l’échec de l’aide internationale, c’est bien Haïti ». Il poursuivait pour ajouter que « les coopérants sont pressés et Haïti est trop complexe pour des gens pressés ». Ce à quoi il faut ajouter que les coopérants agissent avec des recettes en poche, tandis qu’en sciences humaines les recettes conduisent toujours au désastre. L’échec de l’Internationale dans le continent africain, tels que : Soudan, Ethiopie, Centre-Afrique… et dans d’autres régions du monde est la conséquence de l’option facile, sans tenir compte des particularités régionale et nationale des peuples. On peut imaginer la suite, Mr Seitenfus va être convoqué par son chef hiérarchique afin de s’expliquer, il sera probablement démis de ses fonctions. C’est comme dans la Rome antique : « la femme de César doit être au-dessus de tout soupçon ».

Les valets locaux, quoique très présents, font face à une grave crise d’identité en tant que groupes sociaux. La bourgeoisie haïtienne, forte de ses descendants arabes et européens, a étalé au grand jour son égarement idéologique en tant que classe. Les riches, logiquement, devraient accompagner le candidat industriel Charles Henry Baker, dans sa marche vers la présidence. Cependant, dignes du mercenariat, ils se sont morcelés plutôt sous forme de mosaïque sans objectif de classe. L’important pour eux, c’est de se positionner stratégiquement afin de recueillir des dividendes du prochain pouvoir établi. Ils s’éparpillent chez tous les candidats ; certains ne jurent que par Jude Célestin, telles que les familles Baussan, Vorbe, Meys et Brandt ; d’autres s’alignent honteusement derrière Martelly, allias Tisimone, dont Tippenhauer, Colt, Bigio… pendant qu’une bonne partie finance la campagne de Lesly Voltaire, Jacques Edouard Alexis, Jean Henri Céant, Manigat…Donc, ils jouent à « qui perd, gagne ».

Ces dernières semaines, l’énervement constaté chez les bourgeois en Haïti incite à des réflexions pertinentes. Les émeutes de l’après-publication des résultats du premier tour n’étaient pas prévues avec cette ampleur, vu que lavalas n’était pas de la course, parti qui a une réputation de casseurs. Finalement, les gens se sont rendus compte que l’instabilité sociopolitique n’a rien à voir avec Aristide, mais bien avec le comportement d’un peuple qui en a marre de la crapulerie dont font preuve les classes dominantes et leurs alliés pour le tenir dans la crasse. Une bonne partie s’en est prise à Michel Martelly qui, d’après eux, a mis des milliers de partisans dans la rue à partir des textes de messages envoyés par-ci par-là par l’intermédiaire de l’une des compagnies cellulaires de la place dont il serait actionnaire. Brusquement, « Tisimone » est qualifié de « populiste de droite », pour répéter Nancy Roc, comme si vraiment celui-ci tenait compte du clivage idéologique gauche-droite.

Traditionnellement dépourvue de vision, la bourgeoisie s’accroche toujours au gagnant et a peur de tout pouvoir qui agite la question d’institutionnalisation de l’Etat. Elle n’a pas un plan d’épanouissement de classe, voir un projet national visant le développement du pays. La communauté internationale et les politiciens traditionnels s’en servent pour torpiller dans l’œuf tout processus d’institutionnalisations dues, et paradoxalement l’USAID et l’Union Européenne dépensent des millions de dollars annuellement à travers des programmes dits de développement institutionnel. En fait, des artifices pour vider de l’argent à des responsables politiques alliés flanqués d’une organisation gouvernementale (ONG), par laquelle doit passer tout financement nécessaire à l’existence de ces groupes marginaux, qualifiés de partis politiques.

René Preval, qu’on le veille ou non, n’est pas bête. En déplaçant le contrôle des élections du CEP à l’Organisation des États Américains, l’OEA, il a fait un calcul diabolique mais « intelligent ». Les candidats à la présidence, Martelly et Manigat, sont dans leurs petits souliers. Tous, deux admirateurs de l’Internationale, sont coincés et susceptibles de se voir décrier de leurs bases politiques s’ils osent cesser de jouer en bon enfant. Myrlande Manigat a le nez fin, elle renifle le parachutage de Jude Célestin, elle crie que « c’est une crise haïtienne, ce sont les Haïtiens qui devraient en trouver la solution », et est contre toute solution « élaborée par l’étranger ». Trop tard, la crise a été créée et entretenue par l’étranger depuis 2004, donc l’étranger imposera sa solution.

C’est dommage de voir un si bel esprit dominé par un soi-disant « pragmatisme », s’avilir pour le pouvoir qu’il pouvait gagner en écoutant seulement la voix du peuple. Cela confirme ce que Nancy Roc avait révélé il y a deux semaines à « Metropolis » et ce que Lesly Manigat a confié à un ami : « s’il faut vendre sa mère pour prendre le pouvoir il faut le faire, on la rachètera après l’avoir conquis », fin de citation. Ce que le professeur a omis de comprendre, c’est qu’on peut liquider sa mère pendant seulement 4 mois de pouvoir, sans avoir le temps de la racheter parce que l’échéance est trop courte. Ou bien la mère peut être violée, torturée et même tuée…est ce que cela vaut le coup ?

L’Internationale, arrogante, a beaucoup d’explications à donner au peuple haïtien. D’abord, le phénomène du choléra qui s’étend au pays dans toute sa largeur et longueur. Les coins les plus reculés sont affectés de plein fouet par cette maladie venue d’ailleurs, disons du Népal. Des chercheurs de grand renom, notamment français et américains, ont retracé son origine à des troupes d’occupation. L’ONU, empêtrée, tourne en rond, veut se démarquer de sa responsabilité assassine contre un peuple qui était déjà à genoux depuis deux siècles d’exactions économiques, politiques et racistes, puis écrasé par le désastres naturel meurtrier du 12 Janvier 2010 et autres. Il semble qu’au lieu d’aider le peuple martyr d’Haïti à se relever, l’Internationale le condamne à mourir d’une diarrhée sévère jamais connue auparavant.

Déjà des soupçons pesaient sur le tremblement de terre du 12 janvier. Hugo Chavez, président de la république bolivarienne du Venezuela, avait retenu l’attention de l’opinion publique mondiale sur la possibilité que le séisme pût être provoqué par des manœuvres militaires dans la zone. Ajouter à cela les études non-concluantes sur laquelle des failles avaient provoqué le désastre, alimentant ainsi les rumeurs les plus fantaisistes. Tantôt c’est celle de Leogane, tantôt celle de la République dominicaine, ou une autre faille jusque-là inconnue, ce qui ne facilite pas un rejet total de la thèse de complot contre Haïti. Il est fondamental à ce que les Nations-Unies produisent des explications claires sur la provenance du choléra, comment est il arrivé dans le pays, et pourquoi ?

Les circonstances particulières dans lesquelles les dernières élections se sont organisées dans le pays méritent d’être prises en compte dans toute analyse sérieuse. Coup sur coup, le pays est victime d’un rare tremblement de terre de 7.2 de magnitude, de sévères tempêtes tropicales, et le cholera importé des troupes d’occupation a déjà fait près de 3.000 morts et quelque 125.000 personnes infectées nationalement. Les dernières estimations parlent de 400.000 victimes pendant une courte période de 12 mois. Jusqu’à présent, plus d’un million d’âmes dorment sous des tentes où à la belle étoile dans la capitale, et des milliers d’autres déplacés dans les villes de province attendent dans l’impatiemment l’aide internationale et locale pour normaliser leur situation.

Malheureusement l’aide tarde à se matérialiser !

Joël Léon

Thursday, October 28, 2010

ELECTIONS HAITIENNES: RENE PREVAL PRET A TOUT

ÉLECTIONS HAÏTIENNES: RENÉ PREVAL PRÊT À TOUT Par JOEL LEON « Zonbi ki goute sèl pa mande rete » Le rejet de M. Jacques Edouard Alexis, grand ami du président Préval, comme candidat à la présidence du parti de celui-ci, INITE est une décision politique majeure qu’il m’a toujours été difficile de cerner, c'est-à-dire d’en saisir les dessous, les non-dits. Aussi, je m’étais mis à investiguer l’affaire. D’après des sources bien informées appartenant aux deux groupes, c'est-à-dire Préval et Alexis, la rancœur du premier à l’encontre de ce dernier ne date pas d’hier. D’abord, c’est une lutte entre les nouveaux venus et les anciens, autour de Préval. Les nouveaux amis viennent presqu’exclusivement de l’ancienne opposition gnbiste. Ils sont considérés par les anciens, composés exclusivement d’anciens cadres techniques et politiques du parti Lavalas, comme des « transfuges ». Cependant, au fur et à mesure que le pouvoir s’éloignait de l’influence de l’ancien président Aristide, les « transfuges » se renforçaient autour du président Préval, le nouveau maitre des lieux, jusqu'à former un cercle solide et étanche allergique à toute présence jugée non conforme au cercle, «non pure». Parlant de pureté, en guise de fonder une organisation politique de type classique, Préval et ses « transfuges » ont, de préférence, donné naissance à une chapelle politique, dont le président est le seul chef suprême. Ces nouveaux gourous de la scène politique sont très avares, ils ne jurent que par une allégeance totale, dépouillée de tout soupçon. Ils ont fait plusieurs victimes, parmi eux Jacques Edouard Alexis et François Pierre-Louis. L’ancien premier ministre Alexis a été rejeté en raison de ses prétendues liaisons avec des individus considérés comme des « non-purs ». Il ne faut pas oublier que le premier ministre actuel, Jean Max Bellerive, a été parachuté comme ministre de la Planification par un militant lavalas influent, du nom de Joe Cantave. Donc, Bellerive « représentait » lavalas, je dirais officieusement, au sein du gouvernement pluriel qui a vu le jour après l’investiture du président Préval en 2006. D’après les détracteurs de M. Alexis, ce dernier infiltrait au sein de l’administration publique des cadres proches de l’ancien président Aristide dans des positions peu visibles avec la possibilité d’être promus dans des fonctions plus sérieuses. A un certain moment de la durée, Alexis caressait l’idée de se présenter aux élections présidentielles sous le label d’un brassage lavalas/lespwa. Au début, cette idée fut bien reçue par divers ions qui gravitaient autour de l’atome, c'est-à-dire Préval, à condition que le leader en exil soit écarté de l’équation. Mais au fur et à mesure que la désintégration se poursuivait au sein du parti Fanmi lavalas, les « transfuges » changèrent de stratégie, et optèrent alors pour une politique de ratissage dur, consistant à récupérer le plus de militants influents possibles du parti lavalas et transformer le terrain politique en une terre brûlée pour ceux qui refusaient de s’aligner. On connaît la suite: Jean-Mary Samedi, Samba Boukman, Sò Ann et Yvon Neptune etc. ont été récupérés, d’autres jetés en prison ou contraints à s’exiler dans leurs propres pays. D’après un membre fondateur du parti de feu Renaud Bernardin, Louvri Baryè, Préval fut un membre fondateur de cette organisation politique, quoiqu’il n’ait pas signé les documents constitutifs. Ceci expliquerait, toujours d’après ce cadre, que le parti ait été toujours présent aux côtés du président. Notamment, un cadre-dirigeant comme Marie Laurence Lassègue, François Pierre-Louis etc. Permettez moi que j’introduise ce dernier personnage, à ma manière bien sûr, dans le développement de l’article. Je rencontrai M. François Pierre-Louis quelques mois après le départ de Jean Claude Duvalier en 1986. Administrateur d’Haïti-Progrès de l’époque, il jetait les bases de l’ « Assemblée populaire nationale » APN, qui allait devenir plus tard « Parti populaire national », toujours sous la férule du même maitre, M. Benjamin Dupuy. François incarnait l’anti-impérialisme pur et dur de l’époque. Il critiqua ouvertement les dirigeants du « parti unifie des communistes haïtiens », le PUCH, en les qualifiant de petits bourgeois anti-révolutionnaires et révisionnistes, parlant de René Theodore et de Max Bourjolly. Lui représentait l’aile extrême de la gauche en Haïti, projetant une image de lui-même du style latino-américain, c'est-à-dire un mariage entre les idées marxistes et le secteur progressiste de l’église catholique, appelé « Ti legliz » et inféodé à la théologie de la libération dont le chef de file fut Jean B Aristide. Lors, l’on s’interrogeait sur les possibilités de « christianiser le marxisme ou marxiser le christianisme ». A partir des élections de 1990 et de la montée au pouvoir d’Aristide, des bouleversements profonds allaient prendre place au sein de la mouvance gauchisante, ce qui conduisit à des comportements politiques proches de la dérive morcelant ainsi ce courant de manière irréversible. François Pierre-louis, travaillait au ministère de la coopération externe en 1991, sous la direction de Renaud Bernardin. A dire vrai, il était toujours correct avec moi pendant tous les 7 mois d’Aristide au pouvoir. Nous nous sommes encore rencontrés en exil en 1994, là encore notre rencontre a été cordiale. Aujourd’hui, François est directeur de campagne de Jacques Edouard Alexis, après avoir traîné sa bosse à la Primature. Le parti Louvri baryè auquel il était affilié, finit par prendre publiquement ses distances par rapport à la mouvance présidentielle INITE. Donc, un choix clair et net est fait ! Cependant, certains membres du PPN accusent François d’être à l’origine de l’éclatement au sein du parti de Ben Dupuy au profit du candidat Jacques Edouard Alexis. Les mêmes le soupçonnent aussi d’avoir manigancé le rapprochement entre KOREGA et Alexis, sans oublier la récupération de militants du parti Lavalas au profit de son poulain candidat. Si l’on croit ses dévirées politiques, François serait un grand stratège qui affaiblit d’autres organisations politiques au profit de son candidat. Toutefois, il y a des considérations importantes qui méritent d’être prises en compte. Ou est passé l’anti-impérialisme à fleur de peau de Pierre-Louis ? Qu’en est il du discours anti-occupation des années 1986 ? Est-il frappé du phénomène des 3 âges qui a toujours dominé la classe politique haïtienne. Beaucoup de questions malheureusement auxquelles je n’ai pas encore les réponses. D’après les stratèges de l’espoir, il est fort probable qu’il y ait un deuxième tour pour la présidence. Leur poulain, Jude Célestin, n’a pas le charisme qu’il faut, il est sans discours. Vu que nous sommes un peuple habitué au beau parler, Célestin doit trouver d’autres moyens pour réunir la grande foule. Pour combler ce manque à gagner, il compte acheter chaque vote au prix fort. La peur qui accapare « les transfuges » comme Paul Denis, Bob Manuel, Alix Fils-aime etc. est très profonde. Ils ne veulent pas au pouvoir un président ayant un quelconque lien avec Aristide. C’est pourquoi ils ne prennent pas de chance, ils écartent lavalas totalement du processus politique tout en restant à l’offensive afin de trouver la meilleure formule pour une mise à mort politique définitive de l’ancien président. Tous ceux qui tournoient autour de Préval sont cimentés par cette haine implacable. Tout retour d’un proche du président signifie la fin d’une ère ou tout simplement la fin du « prévalisme ». D’où la nécessité d’élaborer tous les scénarios possibles. Ils sont conscient que 6 des candidats les plus représentatifs ont un électorat semblable presqu’égal. 90% des votes seront partagés entre Myrlande Manigat, Charles Henry Baker, Jude Célestin, Céant, Jacques E. Alexis et Lesly Voltaire. Toute velléité de faire gagner Célestin au premier tour, comme prévu, est voué à l’échec, sinon il faut se préparer à massacrer plusieurs milliers d’hommes, femmes, jeunes et enfants. La stratégie du deuxième tour consiste à brandir le spectre du retour d’Aristide comme un danger imminent à l’ensemble de la classe politique afin de rallier toute l’opposition. Officiellement, Lavalas n’a présenté de candidats à aucune fonction élective. Cependant, le processus électoral est bourré de candidats de tendances lavalassiennes. Qui plus est, ils ne cachent pas leurs appartenances politiques et ils se bousculent pour cet étendard. Cela confirme que la marrée lavalassienne est toujours active, érodée, certes, mais constitue le plus gros de l’électorat haïtien. Si cela se confirme, on aura au deuxième tour un candidat lavalas, probablement M. Jean Céant, en face de celui de la mouvance du président Préval. Donc, la lutte est entre les deux anciens frères jumeaux. D’un côté, Aristide, subissant les affronts de l’exil, mais conservant toujours la confiance de son peuple et de l’autre, René Préval au pouvoir, appuyé par la classe traditionnelle de pouvoir d’Etat, la communauté internationale et les institutions de l’Etat. L’américain dit souvent de quelqu’un très déterminé à atteindre son objectif « He is out for Blood ». Une traduction libre adaptée à la psychologie de Préval pourrait s’énoncer ainsi : prêt à tout. Préval est prêt à tout faire pour conserver le pouvoir, parce que c’est une question de vie ou de mort. C’est à ce prix que Jacques Edouard Alexis a été sacrifié au profit d’un poulain plus sûr, loyal, ayant fait preuve d’allégeance et obéissant aux ordres du chef. En y pensant bien, on peut s’attendre éventuellement au pire, c'est-à-dire à des démonstrations musclées de la part du pouvoir, pour intimider, emprisonner, éliminer, disparaitre tout ce qui peut constituer un handicap à l’accession de Célestin au pouvoir. On a déjà vu l’exécution d’un plan d’élimination sélective en opération. La disparition de Lovinsky Pierre Antoine, le décès suspect du prêtre Gérard Jean Juste candidat potentiel à la présidence du mouvement lavalas, au terme de l’incarcération injuste dont il fut victime, et la mort subite de Jean Mary Samedi etc. Autant d’éléments qui laissent prévoir que les derniers jours précédant les élections seront les plus durs, assortis de coups imprévisibles. Voilà en filigrane les enjeux politiques, les choix stratégiques, les décisions machiavéliques auxquels le peuple haïtien aura encore à faire face. Toute cette parade idéologique, politique et militaire est animée du désir fou de confisquer le pouvoir, perçu comme une source de richesse facile. Donc, le pouvoir pour le pouvoir ! JOEL LEON

Wednesday, October 20, 2010

ANTENOR FIRMIN, UN SYMBOLE UNIVERSEL ET HAITIEN!

Anténor Firmin, un symbole universel et haïtien ! Par Joël Léon « Honte à tous ceux qui, oubliant leur devoir envers la patrie, en appellent à l’étranger» Anténor Firmin («Proclamation au peuple et à l’armée», in Gaillard, Roger. La République exterminatrice. Quatrième partie: la guerre civile : une option dramatique.) Le New York Times du 20 septembre 1911 avait annoncé, via un correspondant sur l’île Saint thomas, la mort d’Anténor Firmin survenue le 19, soit un jour avant. Loin de sa terre natale, celle qu’il aimait si profondément. Né le 18 octobre 1850, cela fait déjà 160 ans, Firmin fut l’homme noir le plus éclairé de son époque. Sur le plan international, il est reconnu surtout comme celui qui a démenti la thèse raciste de Renan Arthur Gobineau qui proclamait « l’inégalité des races humaines » par son audacieux livre « l’égalité des races humaines ». Pour nous haïtiens, Antenor Firmin représente la pensée haïtienne la plus moderne et sensible aux masses de l’après indépendance, il l’a dit ainsi dans son livre : « En dédiant ce livre à Haïti, je les supporte tous à l'esprit, à la fois les opprimés d'aujourd'hui et les géants de demain ». Certains historiens pensent que le destin d’Haïti aurait pu être tout autrement si et seulement si Firmin avait accédé à la présidence. En réfléchissant sur les déboires qu’a connus le « Maestro », pour citer Price Mars, spécifiquement la rivalité l’opposant à Nord Alexis et l’exil forcé, il était clair que le 20e siècle allait être celui qu’il est. C'est-à-dire la déchéance programmée de la nation et l’impasse du symbole libérateur d’Haïti. L’intelligentsia a poignardé le rendez-vous historique en complotant l’échec de Firmin à la présidence. L’ingérence de l’Allemagne et des États-Unis contre lui inaugurait la politique qui allait conduire l’intelligentsia haïtienne à la déroute. Anténor Firmin fut un autre genre d’intellectuels qui joignit « la pensée a l’action ». Il prit cause pour Haïti et pour l’humanité entière, cristallisée dans sa défense académique et psychologique de l’idéal « tout homme est un homme ». Donc, Firmin a été a la fois un intellectuel « de l’universel », pour répéter Pierre Bourdieu, et un « intellectuel spécifique », c'est-à-dire traitant les affres de l’homme tout en militant à trouver des solutions aux problèmes que confrontent son peuple. L’autre parlerait d’un « intellectuel total » qui a su harmoniser le temps et l’espace. A l’occasion de la commémoration des 160 ans de naissance de l’écrivain, Lesly Manigat et Michel Soukar, deux historiens, ont publié deux livres sur l’homme qui permettra aux jeunes d’aujourd’hui de l’apprécier d’avantage à un moment historique où l’on regrette encore son absence pour culbuter dehors les nouveaux « amiral Gherardi » présents dans nos rues. Malheureusement on n’a plus de productions de ce genre, notamment sur Jean-Jacques Dessalines, Jacques Alexis, Sylvain Salnave, Hammerton Killick et d’autres grands haïtiens qui s’étaient battus avec passion pour éviter l’hécatombe de l’occupation que nous vivons aujourd’hui. J’aimerais voir rééditer les œuvres de Fréderic Marcelin, Justin Lherisson, Fernand Hibbert, Antoine Innocent…Georges Sylvain, Damoclès Vieux, Edmond Laforest, Etzer Vilaire…romans et poésies de la génération de la ronde, tels que : « Thémistocle Epaminondas Labaster », « La vengeance de Mama », « Eliezer Pitit Caille »…Générations qui se révoltèrent contre l’ordre social et politique dans lequel les élites tenaient le pays. Drôle de coïncidence, le fondateur de la nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines est assassiné le 17 octobre, Anténor Firmin lui-même, est né le 18 octobre. Le fondateur s’en va, le défenseur naît. Drôle de coïncidence, mais cela permet de faire d’une pierre deux coups, qui plus est il y a cette mystique qui relie Firmin à Dessalines, comme s’ils étaient de la même génération. Le dessalinien est toujours firministe. Cette symbiose Dessalines\Firmin est nécessaire pour libérer le pays et organiser la société de manière normative. L’un symbolise la grandeur, l’autre incarne l’intelligence et la science, deux facteurs indispensable à l’existence d’un grand peuple vivant dans une grande nation. Toujours ouvert, il avait prédit juste sur la nation et ses sujets. En 1885, Firmin avait prédit l’avènement d’un noir à la présidence des Etats-Unis, plus d’un siècle avant. En grand visionnaire, il avait écrit ce qui suit au sujet des Etats-Unis, et je cite : « Contrairement aux apparences, ce grand pays est destiné à frapper le premier coup contre la théorie de l'inégalité des races humaines. En effet, en ce moment même, les Noirs dans la grande république fédérale ont commencé à jouer un rôle de premier plan dans la politique des différents états de l'union américaine. Il semble tout à fait possible que, dans moins d’un siècle à partir de maintenant, un homme noir puisse être appelé à la tête du gouvernement de Washington pour gérer les affaires du pays le plus progressiste de la terre, un pays qui deviendra inévitablement grâce à son agriculture et à sa production industrielle, le plus riche et le plus puissant dans le monde. Ce ne sont pas des rêveries utopiques. Nous n’avons qu’à considérer la participation croissante des Noirs dans la société américaine pour écarter notre scepticisme. En outre, nous devons nous rappeler que l'esclavage aux États-Unis a été aboli il y a vingt ans». Ces idées dataient plus d’un siècle, Obama est devenu président de ce pays même autour duquel il avait fait le pronostique. Anténor Firmin, trahi par beaucoup d’intellectuels de sa génération, a rendu l’âme sur un ilot qui ne fut pas le sien, on ne lui avait pas permis de mourir dans son propre pays, pour lequel il a tant combattu, quel sacrilège ! Sténio Vincent et Callisthène Fouchard, deux intellectuels haïtiens, rallièrent le camp du vieux général afin d’empêcher un des leurs de gravir la première magistrature de l’état. On le voit encore aujourd’hui, des intellectuels transformés en valets de l’international pour subjuguer les esprits nationaux dans des initiatives vaines relayant la soumission. Firmin est bel et bien mort il y a 89 ans, mais sa conviction et sa foi dans un pays pour tous demeurera pour toujours. Que les fortunés du savoir cessent de se battre pour une bouchée de pain, qu’ils se lancent dans le combat pour la reconquête de la dignité nationale !

Tuesday, October 19, 2010

LA MINUSTAH FAIT PARTIE DU PROBLEME, PAS DE LA SOLUTION

LA MINUSTAH FAIT PARTIE DU PROBLEME, PAS DE LA SOLUTION ! « Il est peu honorable de donner des leçons aux petites nations quand le droit est de leur coté » Louis Joseph Janvier. (Les affaires d’Haïti) Quand Roger Gaillard, grand historien haïtien, écrivait la série « Les blancs débarquent » sur l’histoire de l’occupation américaine d’Haïti de 1915 a 1934, il n’avait pas encore vu de blancs, c’est maintenant que les blancs débarquent. Mort heureusement depuis quelques années, il lui aura été épargné de constater comment que les blancs envahissent continuellement le pays, je suis curieux de voir ce qu’il écrirait aujourd’hui. De la même façon que la publication de l’effectif militaire d’une nation ne reflète jamais la réalité, dans l’Haïti d’aujourd’hui il est impossible de dire exactement le nombre de militaires étrangers qui occupent le pays. Si dans un premier temps, la presse informait l’opinion publique sur l’arrivée de nouveaux contingents de soldats et les rotations qui s’effectuaient, de nos jours ces informations ne font plus la une. Et pourtant, la population haïtienne devrait être informée en permanence des mouvements de troupes qui se font sur la terre de Jean-Jacques Dessalines. Notre terre! A la veille du renouvellement du mandat de la MINUSTAH par le conseil de sécurité, beaucoup de citoyens haïtiens s’interrogent encore sur le bien-fondé de la présence des troupes multinationales d’occupation dans le pays. Avant tout, essayons de replacer l’invasion franco-américaine d’Haïti en 2004, dans son contexte vil de pratiques impérialistes depuis des siècles. Les relations franco-haïtiennes furent inexistantes avant le coup d’état contre l’ordre démocratique de 1991. L’ambassadeur français de l’époque, Rafael Dufour, protégea le président déchu au péril de sa vie, car les militaires assoiffés de sang voulurent à tout prix la peau d’Aristide. François Mitterrand, président français de l’époque, avait la possibilité de remettre à l’heure la pendule diplomatique et de coopération entre les deux états souverains après le retour à l’ordre démocratique en 1994. Cependant, il préféra conserver le même schéma néocolonial dicté par la doctrine de Monroe, c'est-à-dire respecter la tradition de partage du monde entre zones géopolitiques d’influence. En guise d’améliorer les relations entre les deux pays, son successeur Jacques Chirac, complota avec les Etats-Unis l’invasion, suivie de l’occupation d’Haïti en 2004. La raison évoquée : le gouvernement français avait été très fâché du fait que Jean B. Aristide, président d’Haïti, réclamait plus de 20 milliards de dollars d’eux en termes de dommage et intérêt. Parce que l’état français, deux siècles auparavant, avait demandé sous forme d’ultimatum l’équivalent de cette somme pour reconnaitre l’indépendance d’Haïti. Le paiement de cette somme enferma l’économie haïtienne dans une léthargie qui la condamnée à mourir lentement. Cette lourde dette, injuste et criminelle, hypothéqua ainsi l’avenir du jeune état à peine sorti de l’enfer de l’esclavage et du colonialisme. Comment la France, le pays qui a vu naitre le père de la diplomatie moderne, en l’occurrence Clemenceau, a t elle pu commettre cette bévue vis-à-vis d’un autre état frère, dont les liens culturels et historiques datent de très longtemps. Le 1er juin 2004, après 4 mois d’occupation en duo par les militaires franco-américains, le conseil de sécurité des nations-unies vota la résolution 1542, établissant officiellement une force d’occupation internationale en Haïti. Depuis lors, le conseil doit voter régulièrement pour renouveler le mandat de la MINUSTAH, soit chaque six mois, puis un an. A cote des contingents onusiens, il ya aussi d’autres manœuvres politico-diplomatiques traditionnelles qui ne chôment pas. Les États-Unis d’Amérique se renforcent avec une conviction qui dérange, non seulement des patriotes haïtiens, mais aussi des diplomates accrédités en Haïti. Ils s’interrogent sur cette présence qui donne du vertige à d’autres états, notamment les états qui intensifient leurs présences diplomatiques et commerciales en Haïti, par exemple le Brésil. Washington a déjà eu sur le terrain l’ambassadeur accrédité Kenneth Merten qui, officiellement s’occupe des relations entre les deux pays. Ajouter a cela, il y a l’ancien président américain Bill Clinton, nommé par le secrétaire général des nations unies, Mr Ban Ki Moon, pour co-présider avec l’actuel premier ministre haïtien, la commission intérimaire de reconstruction (CIRH). Sans oublier qu’il fut nommé responsable d’une structure humanitaire par Barak Obama après le tremblement de terre du 12 janvier 2004, pour recueillir des fonds en faveur d’Haïti, accompagne dans cette tache par George Bush fils, lui aussi ancien président américain. Il y a de même Mme Cheryl D. Mills, actuel chef de cabinet du secrétaire d’état américain, Mme Hilary Clinton, très présente dans le dossier haïtien. Elle siège comme membre a part entière de la commission intérimaire a cote de Bill. La semaine dernière, le département d’état a annoncé la nomination d’un autre diplomate de carrière, Mr Thomas C. Adams, comme coordonateur spécial de l’aide américaine en Haïti. Sans négliger le fait qu’Haïti abrite la 5eme plus grande ambassade des Etats-Unis dans le monde. Pourtant, Haïti ne représente pas une entité nationale hostile aux intérêts de l’empire, n’est pas en état de guerre avec son voisin du nord, ni ne manifeste une quelconque poussée islamiste. Et, depuis des années, au haut de l’avenue du Chili, a Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, il y a un bâtiment qui est toujours sous haute surveillance jour et nuit, qui reçoit des machines en vitres fumées bourrées d’individus. Il est identifié comme une base militaire secrète des États-Unis. Selon certains habitants du quartier, des militaires en uniformes séjournent constamment dans le bâtiment pendant des jours, sans qu’on sache ce qu’ils font exactement. L’état haïtien n’a jamais fourni d’explications a propos de ce géant édifice qui domine la rade de port au prince. La presse haïtienne, elle non plus, n’a jamais agité cette question sur l’énigme épaisse qui entoure cette massive construction placée sur un point stratégique qui domine entièrement la capitale. A partir de ce moment, on est en droit d’interroger les dessous de tous ces engagements en Haïti, comme de coutume, « les puissances n’ont pas d’amis, mais des intérêts ». La MINUSTAH est dans le pays a partir du vote de la résolution 1542 du conseil de sécurité des nations-unies et de l’application du chapitre 7 de sa charte l’autorisant à mettre sous tutelle un état souverain. Officiellement, 11848 hommes et femmes en armes sont présents dans le pays, composé de troupes, d’officiers de police, de conseillers civils internationaux, de volontaires et d’employés civils. Près d’une vingtaine de pays contribuent à la formation de la mission onusienne, représentant les 5 continents du globe, les militaires sud-américains sont en majorité. Du mois de juillet à décembre, 380 millions de dollars sont disponibles pour couvrir les dépenses de fonctionnement de la force occupante. Et pourtant, le changement trompeté par les responsables internationaux s’attarde à concrétiser, malgré des milliers d’hommes en armes et des moyens financiers rocambolesques dont ils disposent. Sans vouloir présenter un bilan des réalisations de la MINUSTAH dans le pays, la situation générale n’a pas beaucoup évolué qui pourrait porter certains à parler de stabilisation qui est le rôle fondamental de la mission. Le quotidien en Haïti reste toujours extrêmement précaire. D’après des responsables internationaux, l’instabilité chronique haïtienne est la conséquence de la misère qui sévit dans le pays, qui prend la forme de coup d’état répété de 2004, de soulèvement populaire comme les manifestations violentes contre la faim de 2008 et de la tension régnant en permanence, notamment dans les milieux sociaux ou personne n’a de pouvoir d’achat. C’est une approche classique consistant à responsabiliser seulement les hommes politiques et les détenteurs de moyens de production locaux. Qu’en est-il des conséquences des politiques publiques dictées par le département d’état et des recettes économiques de la banque mondiale et du fonds monétaire international. Les politiciens locaux opèrent à partir des ramifications au sein de l’establishment américain soit au niveau du pouvoir législatif ou de la maison blanche. Parfois, des institutions incorporées à l’exécutif génèrent leurs propres lignes directrices en faisant fi de celle venant de leurs chefs hiérarchiques. On a fait cette expérience pendant les coups de 1991 et 2004. Dans le premier cas, pendant que l’administration Clintonienne exerçait de fortes pressions sur les militaires putschistes pour qu’ils vident les lieux, des responsables de la CIA et d’autres agences gouvernementales véhiculaient un discours contradictoire encourageant les militaires haïtiens à résister d’avantage. En 2004, c’était a peu près le même scenario, la ligne officielle du gouvernement américain a travers Luigi Einaudi, était de trouver une solution négociée entre le pouvoir actuel et l’opposition. Entretemps, Stanley Lucas, un employé de l’institut républicain international IRI, avait eu son propre office qui rédigeait des rapports contradictoires aux responsables républicains au pouvoir incitant les radicaux à l’action directe, c'est-à-dire l’invasion. En termes clair, Mr Lucas avait plus de pouvoir que l’ambassadeur accrédité en Haïti, Mr Thimothey, il l’avait lui-même commenté sur New York times. Pour ainsi dire, les puissances coloniales mettent le feu et, curieusement interviennent après comme pompiers pour éteindre les flammes, puis se comporter juges pour distribuer torts ou raisons et, finalement s’érigent en faiseurs de gouvernements. Quelle hypocrisie ! La mission des nations unies pour la stabilisation d’Haïti MINUSTAH, est installee dans le pays depuis plus de 6 ans. Si dans certaines régions la violence aveugle a connue une baisse ce qui a donne lieu à un calme précaire, il n’en reste pas moins que la situation globale reste inchangée. La cause fondamentale de l’instabilité dans le pays est d’abord l’immixtion continue des puissances « amies » dans les affaires politiques haïtiennes. La conséquence est que le paysage politique est excessivement polarisé et chauffé à blanc, toute tendance à la négociation est repoussée. C’est le règne infernal des armes, provenues de l’extérieur, en lieu et place de la dialectique. Donc, pour qu’il y ait stabilité, il faudrait que les puissances s’abstiennent de dicter les décisions politiques à leurs valets locaux pour s’imposer au pays contre les intérêts du peuple. Prenons par exemple ces élections projetées pour la fin du mois de novembre. L’organisation politique de masses la plus représentative du pays est écartée du processus politique, des partis de l’opposition dénoncent l’institution électorale en place comme partisane et réclament son remplacement. L’exécutif et l’international ne font pas cas de ces revendications légitimes, donc les résultats de ces élections seront encore une autre source d’instabilité. En un sens, l’international fait plus de mal que de bien parce qu’il crée les conditions pour que l’instabilité devienne chronique. La véritable solution est le départ de la MINUSTAH et du gouvernement des affaires publiques. JOEL LEON

Tuesday, October 12, 2010

Surprises Revealed in Wake of Massive Haiti Quake Mon Oct 11, 11:18 AM Brett Israel OurAmazingPlanet Staff Writer Identifying the fault responsible for Haiti's massive Jan. 12 earthquake seemed like an open-and-shut case. After the temblor, the well-known Enriquillo fault was quickly blamed, but new data reveal a more complicated picture. The magnitude-7.0 earthquake involved not one, but three faults, which sent tsunami waves crashing onto shore by an unusual chain of events, according to two studies published today (Oct. 10) in the journal Nature Geoscience. Despite the massive size of the quake - more than 200,000 people died, more than 1.5 million were left homeless and damage totaled between $9 billion and $14 billion - enough energy remains stored underground to unleash an earthquake that is even larger, said Gavin Hayes, a study team member and geophysicist with the U.S. Geological Survey (USGS) in Golden, Colo., and Synergetics Inc. in Fort Collins, Colo. "We can't ever predict an earthquake," Hayes told OurAmazingPlanet. "But we can use this for hazard assessment and say this region has a high likelihood of a large earthquake, and plan for whatever we're building in this region." Piecing together the puzzle About 85 percent of the energy from the earthquake came from a previously unknown fault, now called the Leogâne fault, Hayes and his colleagues found. Earthquakes typically occur along faults, which are cracks in the rocky plates of the Earth's crust. The Earth's plates move relative to one another, most of the time at an imperceptibly slow pace - on average plates move between 0.4 and 4 inches (1 and 10 cm) per year, which is about as fast as fingernails grow. In the case of the Haiti quake, scientists expected that the Caribbean and North American plates had slid past one another in an east-west direction to cause the quake. The earthquake actually occurred at the boundary of the Gonave microplate, which sits between the North American and Caribbean plates, and the Caribbean plate, where numerous faults slipped, including a relatively small slip at the originally blamed Enriquillo fault. Despite the complex web of faults, very little deformation is visible on the surface, one of the studies found. "If we were to come back in several hundreds' year time, we wouldn't find it," Hayes told OurAmazingPlanet. Tsunamis surprise Just as surprising as the complexities of the quake, is that it triggered several small tsunamis. "What's strange - and Haiti is a good example - is that from a technical perspective, this shouldn't happen," said Matthew Hornbach, a team member on the second study and a geophysicist at the University of Texas in Austin. Strike-slip fault systems, such as the one that runs through Haiti, are not usually associated with tsunamis. Usually, a fault that moves up-and-down will move the seafloor and produce massive waves; strike-slip fault systems slide side-to-side when two plates butt heads. The Haiti quake, however, triggered massive underwater landslides that, along with a small amount of ground motion, made the waves, Hornbach said. Globally, 3 percent of tsunamis are caused by slides. In Haiti, slide-triggered tsunamis may be 30-percent more frequent, Hornbach said. The country's coastal setting, high sedimentation due to extreme wet and dry seasons dumping material down the mountains, and infrequent earthquakes that would release the coastal build-up of sediment are all causes of the slides. These unstable coasts could set off tsunamis even during smaller earthquakes. "All of sudden, tsunami warning systems can't account for these events,"Hornbach said. "This makes it much more difficult to predict." Gallery: Deadly Earthquakes This article was provided by OurAmazingPlanet, a sister site of LiveScience. Original Story: Surprises Revealed in Wake of Massive Haiti Quake LiveScience.com chronicles the daily advances and innovations made in science and technology. We take on the misconceptions that often pop up around scientific discoveries and deliver short, provocative explanations with a certain wit and style. Check out our science videos, Trivia & Quizzes and Top 10s. Join our community to debate hot-button issues like stem cells, climate change and evolution. You can also sign up for free newsletters, register for RSS feeds and get cool gadgets at the LiveScience Store.

Thursday, October 7, 2010

LES LECONS DES LEGISLATIVES Vénézuéliennes

LES LECONS DES LEGISLATIVES Vénézuéliennes Par Joël Léon Les élections législatives Vénézuéliennes du mois de septembre dernier faisaient la une de tous les grands journaux de l’occident, qui tempêtant la fin de règne du Chavisme. En termes clairs, l’occident, fatigué par cette expérience populaire, souhaite ardemment un changement de régime. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer cette ferme volonté de la part des pays riches. LE MAUVAIS EXEMPLE BOLIVARIEN Gabriel Garcia marquez, prix Nobel de littérature et auteur du roman « Chronique d’une mort annoncée », rencontrait a bord d’un avion le leader bolivarien, fraichement élu en 1999, et dialoguait avec lui. Ce qui lui avait fait dire qu’il avait « parlé à deux personnages (Hugo Chavez) contradictoires, à l’intérieur d’une même personne. L’un qui est chanceux d’avoir l’opportunité de sauver son pays. Et l’autre, un homme qui est condamné à entrer dans l’histoire, tout simplement comme un autre dictateur », fin de citation. Assertion que les 11 ans de pouvoir allaient démentir, non seulement Chavez n’est pas un dictateur, parce qu’il a organisé 14 élections ou referendums et a gagné 13 d’antre eux. Toutes ces élections furent supervisées par des organisations internationales, de véritables juges électoraux, incluant les plus réactionnaires, dont l’institut international républicain IRI. Leurs verdicts sont toujours élogieux a propos de la crédibilité de ces scrutins, y compris la dernière en date. Sans oublier que plus de 80% de radios et de télévisions du pays sont entre les mains des manitous de la droite. Par contre, Hugo Chavez fut victime d’un coup d’état en 2002 que l’IRI s’empressa d’appuyer, une organisation qui prétend promouvoir la démocratie dans le monde. L’hostilité a l’égard du régime Bolivarien est internationalement connue. Il est vilipendé quotidiennement dans la presse bourgeoise, ce qui a même porté une super star télévangéliste américain, Pat Robinson, a appelé publiquement son gouvernement a l’exécution du leader populaire vénézuélien. Chavez est l’homme qu’attendaient les latino-américains pour se réinvestir activement dans la vie publique de leurs pays. Il est un catalyseur, donc un symbole à détruire par tous les moyens, incluant le meurtre. De 1999 a aujourd’hui, le néo-libéralisme ne cesse d’encaisser des revers dans le continent. La banque mondiale et le fonds monétaire international ont perdu considérablement de leurs influences des années 70 et 80. Les oligarchies locales se voient dévoiler leurs mensonges de 200 ans et la psychose de peur qu’elles engendrent. Les masses populaires se conscientisent et s’organisent avec une rapidité et une robustesse qui menacent directement le statu quo. Partout, les peuples participent a la vie politique et matérialisent leurs volontés à travers l’élection des leaders sociaux et politiques à la présidence ou au parlement. Le Brésil, la Bolivie, l’Equateur, l’Argentine, le Nicaragua…sont autant de pays qui actuellement mettent en œuvre des politiques publiques dans l’intérêt de leurs pays. Donc, le grand capital financier international a intérêt à évincer Chavez du pouvoir. Les dernières législatives vénézuéliennes représentaient un important test pour les ennemis de la participation populaire au pouvoir. Ils préparent la grande offensive pour la présidentielle de 2012, ils jurent d’en finir avec le Chavisme au Venezuela, pour du même coup stopper le processus politique en cours dans le continent. Roger Noriega a déjà annoncé les couleurs en anticipant la fin du « populisme » en Amérique latine, tout en motivant leurs allies sur le terrain. Le résultat des législatifs est bien accueilli dans le monde occidental. Les media des Etats-Unis, l’Italie, la Grande Bretagne, la France, l’Espagne etc. saluent le retour de l’opposition de droite au parlement. Comme si elle était écartée de force par le pouvoir, la vérité c’est qu’elle avait boycotté les élections, 5 ans auparavant, à partir d’un mauvais calcul politique dont le but exclusif fut d’handicaper la légitimité du pouvoir. Le retour de l’opposition au parlement peut être vu sur plusieurs angles. Premièrement, c’est le respect d’une longue tradition purement vénézuélienne qui persiste, à savoir que la vie publique de ce pays est toujours marquée par une non-polarisation politique accrue et un morcellement excessif de la classe politique. Deuxièmement, après 11 ans de difficile gouvernance dans un pays à une forte tradition démocratique, les insatisfactions de la population se manifestent tranquillement mais surement. Les gangrènes administratives et politiques qui commençaient à ronger le pouvoir de l’intérieur et qu’un épais laxisme ignorait, devront être abordées avec force et efficacité, si le pouvoir veut se garantir une victoire en 2012. Troisièmement, le Chavisme, après 11 ans de pouvoir, doit prouver sa maturité politique à cohabiter avec des forces hostiles et démontrer sa capacité organisationnelle et psychologique à tenir motivés les partisans du régime. Aussi, on attend à ce que le pouvoir en place développe sa dextérité de négocier son plan socio-économique avec les autres forces politiques au bénéfice des masses pauvres du pays. L’avantage du pouvoir en place c’est qu’il peut faire des alliances. L’organisation politique « Patrie Pour Tous », PPT, qui dispose de 11 députés peut être courtistée a des fins d’alliance. Il faut noter aussi le fait que les sièges remportés par l’opposition de droite sont le résultat d’une alliance purement électoraliste, un peu hétéroclite, foncièrement animée par la haine chaviste. Toute alliance électoraliste, en général, comporte en soi les germes de sa destruction ou de sa défaillance, particulièrement dans un pays ou le régionalisme est toujours très présent dans le jeu politique. La encore, tout dépendra de la maturité politique acquise durant ces 11 ans de pouvoir exclusif, a trouver des accords avec des adversaires sans mettre en question l’essence du projet politique. Il doit être unanimement admis que le pouvoir, dans sa phase institutionnelle, ne sera plus le même. Cela exigera une attention permanente des autorités aux charges de l’état, d’où la nécessite de développer une « culture d’exécution » au niveau des fonctionnaires de l’état, basée sur le tangible. A la manière de cuba, au cours des années 90, un processus de rectification interne doit être mis en œuvre afin d’éliminer la corruption, le trafique d’influence et l’insécurité qui accablent les réalisations du gouvernement. En d’autres termes, c’est l’heure de la moralisation administrative. La forte personnalité politique du président Chavez joue un rôle important dans la vie politique vénézuélienne et du parti qu’il a fondé. Ce qui constitue un problème a l’épanouissement de l’instrument politique. Donc, le leader doit faire preuve d’une grande magnanimité pour ne développer aucune forme d’autoritarisme qui contrasterait avec le projet de doter le pays d’une organisation politique forte capable d’assurer la pérennité du changement en faveur des masses. L’organisation doit dépasser le cadre d’un homme pour s’imposer institutionnellement et nationalement comme une force politique incontournable. Finalement, le grand capital financier international a intérêt de mettre fin au processus bolivarien parce qu’il met en ébullition un continent docile depuis plus de 45 ans. Les derniers législatifs lancent un message fort aux dirigeants actuels afin d’agir vite pour corriger toute dérive administrative. Un moyen pour s’assurer d’une autre victoire en 2012. Et, renforcer les structures organisationnelles du parti, a fin de continuer à s’imposer comme une force de changement au Venezuela pour les 50 ans à venir. Joël Léon

L’EQUATEUR : QUEL BEL EXEMPLE DE COURAGE !

L’EQUATEUR : QUEL BEL EXEMPLE DE COURAGE ! Par Joël Léon L’équateur a vécu le 30 septembre dernier un moment de grand effroi qui risquait de bouleverser tout le paysage politique du continent. Si le coup avait été un succès, c’eut été le retour des généraux, donc un saut dans le temps de plus de 40 ans. Le continent américain, dans sa genèse, est revendiqué par les Etats-Unis comme sa chasse gardée et s’implémenta le droit divin l’autorisant à définir le devenir de tous les peuples de l’hémisphère. Ainsi, ils ont élaboré une doctrine en ce sens qui consiste à dicter aux citoyens leurs comportements. Woodrow Wilson, le 28eme ancien président des Etats-Unis, eut à déclarer a propos de ses diverses interventions au Mexique que « Je vais leur apprendre à élire de bons dirigeants ». De 1913 a aujourd’hui, cette politique n’a pas beaucoup changé. Tous les dirigeants élus par les citoyens refusant de vivre avec la queue entre leurs jambes, sont assimiles a de très mauvais dirigeants qu’il faut renverser ou froidement éliminer. L’Amérique latine et les caraïbes font encore face au racisme et du désir excessif de richesse des pays occidentaux qui continuent à mettre en question la capacité de ces peuples à se doter de leurs propres dirigeants. Ainsi, ils ne cessent de tourmenter l’existence des autres habitants du continent. Salvador Allende a ouvert la voie pacifique aux progressistes pour la conquête du pouvoir dans le continent en 1970. Il fut tristement assassiné le 11 septembre 1973. Jean B. Aristide a réédité le même exploit en 1991, il fut chassé du pouvoir 7 mois après. La résistance des peuples avait contraint son retour au pouvoir pour qu’il soit de nouveau écarté, cette fois non par la force publique régulière nationale haïtienne, mais par des militaires américains opérant a visière levée, le 29 février 2004. Cette date marque aussi la fin de la « doctrine de Monroe » comme on l’avait connue, car la deuxième invasion d’Haïti en moins d’une décennie, était aussi l’œuvre de militaires français qui cantonnaient dans les Antilles. Hugo Chavez a connu le même sort en 2002, quand une fraction de l’armée, alliée a l’oligarchie et soutenue par Washington a tenté un coup d’état que les loyalistes ont défait. Manuel zelaya Rosales, président du Honduras démocratiquement élu, fut victime d’un coup d’état en 2009 pour ne plus revenir au pouvoir. Cet avant dernier coup suscitait déjà des réflexions et questions dans les milieux progressistes internationaux, à savoir : allons nous replonger dans le caudillisme de plomb des années 60. La tentative des policiers Equatoriens de renverser l’ordre démocratique légitime a levé le voile sur un éventuel plan de redéfinition des pratiques politiques latino-américaines jugées trop près des pauvres. Ceux qui pensent que l’impérialisme est trop embourbé dans des guerres impopulaires pour prêter attention aux mouvements des peuples latino-américains et caribéens se trompent lamentablement. C’est mal connaitre l’objectif des empires ! A l’instar des Grecques, Romains et Anglais, les occidentaux pensent qu’ils sont supérieurs aux autres habitants de la terre, en particulier c’est aussi vrai des américains. Thomas Jefferson croyait que les Etats-Unis sont « l’empire de la liberté » ; Andrew Jackson définissait la mission de son pays « d’étendre l’ère de la liberté » ; Abraham Lincoln disait que l’Amérique représente « The last, best Hope of earth »)ndlr, le dernier et meilleur espoir de la terre). Si la doctrine de Monroe, en fait celle de John Quincy Adams, a évolué en « manifest destiny » (destinée manifeste) et finalement au stade suprême [de l’impérialisme], les résultats pour les peuples du continent restent les mêmes. Si les Etats-Unis élisent Barak Obama, un noir, à la présidence, par contre la politique impériale n’a subi aucune modification. Les leaders top forts sont toujours perçus comme des animaux à abattre. Cuba est toujours sous embargo, les tentatives d’assassinat de Fidel Castro se comptent par centaines, le Zimbabwe est toujours victime de l’ostracisme traditionnel de l’international, les approches stéréotypées marquent toujours l’effort de compréhension des riches nations. Donc, le monde n’a pas change ! Les organisations internationales ne font que résonner la volonté des maitres du monde. L’organisation des nations unies a perdu de sa crédibilité pour avoir failli à sa mission de préserver les « générations futures de la guerre », de promouvoir « les droits fondamentaux » dans la « dignité et l’égalité des nations grandes et petites ». Au contraire, en Haïti les casques bleus violent des femmes et des filles, encouragent la prostitution, assassinent des prisonniers et massacrent des pauvres a cite soleil. L’organisation des Etats Américains se comporte comme le valet des États-Unis, et n’a aucun succès à son actif depuis son existence depuis plus d’un demi-siècle. Sans oublier que l’objectif fondamental de l’OEA était de combattre le communisme dans le continent. Donc, elle est réactionnaire dans son essence. Les peuples du continent doivent se dresser comme peuples libres pour décider de leurs sorts, spécialement en temps de coup d’état et d’autres conflits régionaux. Ainsi, l’initiative des pays latino-américains de se saisir du dossier Equatorien représente un tournant important dans le domaine du droit international, et elle est payante en termes de défi généré. Je vais plus loin pour dire aux nations latino-américaines de créer une armée régionale pour prévenir les coups d’état réactionnaires favorables aux oligarchies locales et internationales. L’union des Nations Sud-Américaines, UNASUR, a joue un rôle important dans la manigance sanguinaire des putschistes de l’Equateur, en les pressurant à abandonner le complot sous peine d’être punis. Voila l’instrument diplomatique et politique nécessaire que chaque région ou continent du monde devrait se doter pour mettre en échec les assauts des puissances impérialistes et leurs alliés. Les officiels occidentaux qualifient de démagogie populiste le mouvement sociopolitique en cours dans l’hémisphère. Une insulte grave aux citoyens qui ont renouvelé régulièrement leurs votes a des leaders qu’ils jugent capables de transformer leurs situations sociales et économiques. Comme quoi ils sont des idiots incapables de décider de leur sort. Pour cela, il faut toujours « the big stick » des anglo-saxons pour les ramener à la raison. Le message clair du peuple Equatorien est celui du tout le continent, à savoir que désormais nous sommes adultes et responsables de nos actes et de nos choix. Ensemble nous ferons échec à tous les complots impérialistes et oligarques. Notre destin est à nous, et a nous seuls !

Friday, October 1, 2010

LE TRAIN « BANM JANM PRAN KAN » DE RENE PREVAL

LE TRAIN « BANM JANM PRAN KAN » DE RENE PREVAL Par Joël Léon « CHIMEN ZENGLEN SE SA NOU WE POU DEMEN »\ (Zekle, Joël Widmaer) « CHAK FWA NOU DEZINI SE DRAPO n NOU TRAYI » (Nu-look, Legacy) Le peuple est en guerre contre l’alliance Préval-international-bourgeoise. Ce n’est pas une guerre sainte, mais l’équivalent de celle dans laquelle nos ancêtres s’étaient battues corps et âme pour fonder cette nation. Tout l’avenir et la dignité de l’haïtien dépendent de notre capacité à faire échouer cette alliance. Si quelqu’un se laisse aller à considérer cette dérive comme une simple entreprise d’accaparement de pouvoir politique, il se trompe. C’est plutôt la reconquête de nos droits de peuple, la défense de notre héroïque histoire, un combat pour réimposer le défi haïtien. L’engagement d’aujourd’hui dépasse les limites du moi ou d’un groupe. Il est purement, ceci de façon désintéressé, national. Si Préval a fait choix du camp des traitres, c’est son choix, mais l’histoire est la. Cette semaine, j’écoutais la chanson du groupe « New look » qui s’appelle « Legacy » : un joyau. Au début de la chanson, Gassman Couleur, porte par un sens très vif, s’est ainsi lamenté, et je cite : «Gen de jou m leve Mape panse Si yon jou m pa ta la Kisa ya va panse de mwen… » Je me pose la même question, à savoir ce que l’histoire va retenir comme héritage de René Préval, quoiqu’il s’en fout d’être le con du 21eme siècle. Maintenant, c’est la guerre ouverte ! Par contre, le président a choisi ce moment même pour mettre en scène une autre comédie fraichement fraiche de son arsenal mélodramatique, consistant à consulter les candidats à la présidence. D’abord l’initiative est biaisée et truffée d’anomalies. A quel titre s’arroge t il le droit d’intervenir dans le « processus électoral » au sein duquel il n’a aucune latitude. Il a personnellement fait choix de Jude Célestin, le père de son petit-fils, comme le candidat de son parti, INITE, après avoir joué Jacques Edouard Alexis comme un yoyo. S’il a des conseils à prodiguer, qu’il appelle Jude Célestin. Unanimement, tous les analystes politiques se mettent ensemble pour disqualifier l’initiative « d’excès éhonté » de la part d’un apprenti « Houphouët Boigny caribéen ». Le « conseil électoral provisoire », quoique toujours anodin, est la seule institution jouissant de ce pouvoir à partir de son caractère d’autorité indépendante électorale. René Préval, le coquin, ne se contente pas seulement de manigancer les magouilles derrière la scène, il les revendique en temps et lieu, il le signifie à ses sujets par des démonstrations étranges de chefferie. Il veut marquer son temps ! Il est bruit que certains courtisans commencent à l’appeler papa au palais national, physiquement en ruines. Il expose publiquement sa brutalité, son instinct paternaliste, digne d’un vrai chef d’état de tradition tribale ou tout simplement d’un chef de section. L’illusion louverturienne Je suis un fier dessalinien, je revendique son héritage, son sang et son secret. Sous occupation, l’orientation du leadership ne doit être rien d’autre que dessalinien. Seul ce courant national pur peut procurer la stabilité et le bien-être aux peuples fiers d’Haïti. L’état d’Haïti a pris naissance dans l’hostilité et l’incompréhension de toutes les puissances coloniales de l’époque. On n’a jamais fait de cadeaux à Haïti, jamais ! N’espérons aucun changement de mentalité à notre endroit, parce que nous sommes des arracheurs, des preneurs, des conquérants de liberté. C’est cette vision qui nous définit comme peuple à travers l’histoire. Donc, l’international pactisera avec tout ce qui est contre le peuple haïtien dans le but exclusif de perpétuer l’instabilité et le sous-développement qui en découlent. Considérons les déclarations du secrétaire général de l’organisation des états américains, Jose Miguel Insulza, sur les élections à venir, comme quoi elles seront normales sans tenir compte des conditions irrégulières et exclusivistes que les autorités s’apprêtent à l’organiser. Ban ki moon, secrétaire général des nations unies, est allé plus loin dans son rapport au conseil de sécurité, et je cite : « La campagne électorale risque d'être en partie financée par le produit d'activités illégales, notamment le trafic de drogues, qui demeure un facteur d'instabilité en Haïti ». Donc, persister dans une entreprise pareille relève de la bêtise pure, voir déverser plusieurs millions de dollars a sa réalisation, comme l’a déjà fait le gouvernement américain avec ces 5 millions de dollars. L’union Européenne s’apprête à suivre Washington dans une initiative exclusiviste, antipopulaire et contre la démocratie. Ces mêmes responsables qui s’obstinent à organiser ces élections dans des conditions désavouées seront celles qui rédigeront des rapports accablants deshumanisants à notre peuple aux organisations internationales et médiatiques. Comme quoi, nous vivons encore dans l’ère archaïque de la tribalité. La valse mort-née de René Préval René Préval est l’artisan étranger d’aujourd’hui, quel type de dialogue constructif peut-on avoir avec le bourreau du peuple haïtien. Soyons sérieux ! Myrlande Manigat a rencontré le président, accompagné de son épouse, l’intellectuel Lesly Manigat. Pourquoi faire. J’ai beaucoup de respects pour les femmes haïtiennes, nos héroïnes Marylise, et souhaite leurs participations actives dans la vie publique haïtienne. Mais le cas de madame Myrlande Manigat m’interpelle a apporter un petit éclaircissement. J’avais prévu sa participation dans la course électorale, En bonne louverturienne qu’elle est, parce que l’important pour ce monde « ce n’est pas comment que est obtenu le pouvoir, mais ce qu’on en a fait ». Les louverturiens, se qualifiant de pragmatiques historiquement logent toujours avec les perdants. La réunion entre elle et le président a été inopportune, je n’en vois aucun intérêt noble si ce n’est la réédition d’un autre 20 janvier 1988. Les réactions du couple après la réunion rappellent étrangement le comportement des initiés à la « cosa nostra » ou la loi du silence est de totale rigueur. En quelque sorte, les Manigat partagent avec le président un secret de franc-maçon. Voudrait-on dire ! Je me suis pose certaines questions après avoir écouté les réactions des candidats à la présidence a l’issue des rencontres avec le président, tous ayant décide de mettre leurs langues sous clef. J’imagine qu’ils ne pourront pas discuter des questions liées à la sécurité nationale, parce que les occupants la définissent et sont les seuls garants de son exécution. Que pouvaient ils discuter qui exigent un si grand secret, si ce n’est pas de la distribution des pots de vin a certains corrompus de la classe politique et des promesses de parachutage au pouvoir. Dans les deux cas, c’est immoral et contre l’intérêt national. La encore, les louverturiens vont perdre, vu que l’interlocuteur d’en face étant un hors-la-loi, un manipulateur excessif qui ne regarde jamais en arrière. Il est assoiffé de pouvoir total, il ne négocie pas, il dicte et il n’a pas de cœur. Le couple Manigat marche vers leur deuxième défaite politique, morale et personnelle. La machine broyeuse d’hommes de René Préval a la renommée d’être intraitable envers tous ceux qui osent poser des questions. Elle épargne seulement les puristes au sein de son parti INITE. Apres quoi, tous les autres sons des traitres à vilipender, les cas de Wyclef Jean et de Ray Joseph, deux fidèles du pouvoir, sont deux exemples convaincants du machiavélisme de l’équipe aux commandes. Nous constatons avec amertume ces derniers jours, la trahison des hommes politiques haïtiens a l’égard de la nation qui font fausse route vers les élections « pike kole » de René Préval. Ils répètent les mêmes erreurs du mouvement bourgeois « rache manyok nan eleklsyon » de l’été 1987 qui conduisit le peuple à l’abattoir du 29 novembre de la même année. Ils se laissent intimider par les offres de René Préval et les pressions des grandes capitales occidentales qui utilisent les mêmes avatars de jadis, c'est-à-dire le gèle de leurs visas de séjour et autres chantages, les acculant à tourner le dos au peuple. Youri Latortue et Himmler Rebu, deux fers de lance du mouvement anty-électoral, se rendent comme deux vulgaires soldats aux occupants. Comme je m’y attendais, ces deux anciens de l’armée ne font pas honneur a la rectitude militaire qu’ils devraient symboliser, cela nous donne une idée du fonctionnement de l’ancienne armée, comment elle était si obéissante aux ordres du département d’état. Définitivement, l’institution militaire était composée exclusivement de soumis et de lâches en uniformes. Rien n’est arrêté à propos de la date des élections, par contre il est clair que les noms des principaux gagnants sont déjà arrêtés. Les candidats lies à la mouvance présidentielle, INITE, remporteront tous les sièges législatifs à plus de 80%. Le président sera Jude Célestin, ce qui donnera lieu à une avalanche de protestations de la part des leaders politiques traditionnels et corrompus pressurant l’exécutif pour l’obtention de miettes. Dans la foulée, l’international prononcera le verdict final, à savoir que les élections ont été crédibles que les mauvais perdants n’ont qu’a se taire. Les plus vociférants seront cases pendant une période de temps bien déterminée a fin de calmer certains appétits politiques, puis renvoyés pour faire place aux purs, pires et durs de la tribu de l’INITE. Ainsi s’achèvera le mélodrame de René Préval ! JOEL LEON